Le scrutin municipal sud-africain confirme le long déclin de l’ANC, tandis que les gains d’une opposition fragmentée rendent incertain le contrôle des grandes municipalités.
Le soutien à l’ANC continue de s’effriter
Avec 81 % des suffrages dépouillés, l’ANC recueillait 32 % des voix et la Democratic Alliance, 25 %. Plus tard vendredi, 92 % des districts de vote avaient transmis leurs résultats : l’ANC était à 31,3 % et la DA à 24,3 %. Ce décompte était provisoire : 70 % des sièges des conseils municipaux avaient été attribués, et la composition de nombreux conseils restait indéterminée.
L’ANC avait obtenu 45,6 % des voix aux élections locales de 2021 et un peu plus de 40 % aux élections nationales de 2024, lorsqu’il a perdu sa majorité parlementaire pour la première fois.
Les électeurs ont plusieurs autres options
Les conseils municipaux ont une incidence sur les services du quotidien, comme l’approvisionnement en eau, la gestion des déchets et les routes. Une étude récente a décrit la dégradation des infrastructures, les difficultés financières et la faible confiance de la population. Elle citait la mauvaise gestion, la corruption, le manque d’entretien et la pénurie de personnel qualifié parmi les problèmes en cause. Le chômage, la criminalité et la corruption influencent également la façon dont les électeurs évaluent l’ANC, même si les administrations locales n’en sont pas seules responsables.
La DA a progressé, mais le parti uMkhonto weSizwe de Jacob Zuma a proposé une autre voie, en particulier au KwaZulu-Natal. ActionSA cherche à jouer un rôle dans les négociations au Gauteng. La participation estimée était supérieure à celle de 2021. Louw Nel, analyste chez Oxford Economics Africa, y a vu le signe que certains électeurs de l’ANC s’étaient rendus aux urnes, mais avaient choisi d’autres partis ; cela ne prouve pas que des électeurs individuels aient changé de camp.
Les coalitions décideront qui gouvernera
Lorsque 92 % des districts avaient communiqué leurs résultats, la DA arrivait en tête à Johannesburg avec 37 sièges sur 136, tandis que le MKP dominait à eThekwini avec 23 sièges sur 112. Aucun des deux partis n’avait la majorité. Dans les conseils sans majorité, les élus doivent réunir un soutien suffisant pour choisir leurs dirigeants et gouverner, ce qui confère une influence aux petits partis.
Selon le Coalition Barometer, l’ANC et la DA n’avaient pas gouverné ensemble au sein d’une coalition municipale depuis les élections de 2021. Reuters a cité l’analyste Ralph Mathekga, qui a averti qu’un accord pourrait apporter de la stabilité, mais aliéner les électeurs qui avaient rejeté une gouvernance municipale dirigée par l’ANC. La DA a déclaré qu’elle prenait contact avec des partenaires potentiels. ActionSA s’est dit ouvert à des discussions avec tous les partis, à condition qu’elles privilégient l’amélioration des services, la stabilité des conseils municipaux et la lutte contre la corruption.
Les résultats définitifs étaient attendus dimanche 8 novembre. Selon la loi actuelle, les conseils doivent tenir leur première séance dans les 14 jours suivant la proclamation de leur élection ; une proposition visant à prolonger ce délai n’était pas encore devenue loi. Le résultat éclairera la période précédant les élections nationales de 2029, sans pour autant les prédire.