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Les chercheurs découvrent que le rétablissement de la circulation atlantique à l’époque glaciaire prenait plus d’un siècle

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Une analyse des couches annuelles de dépôts dans des grottes en Inde et en Chine, publiée le 5 novembre dans Science, a révélé que huit épisodes de réchauffement glaciaire associés à un renforcement de la circulation atlantique ont duré chacun plus d’un siècle, soit environ 180 ans en moyenne — bien plus longtemps que les quelques décennies suggérées par les carottes de glace du Groenland.

Les épisodes de réchauffement, appelés événements de Dansgaard–Oeschger, étaient des changements brusques survenus au cours de la dernière période glaciaire. Les scientifiques les étudient pour comprendre comment la circulation océanique influe sur le climat. Pour dater ces événements, les chercheurs ont mesuré les variations des isotopes de l’oxygène dans des stalagmites provenant de grottes du nord-est de l’Inde et du sud-ouest de la Chine.

Ils ont combiné ces archives avec des données de grottes publiées précédemment. Ils ont comparé les résultats à des simulations de modèles climatiques. Les archives des grottes indiquent que chaque transition a duré plus de 100 ans.

Les signaux correspondants dans les carottes de glace du Groenland ont évolué en moins de 70 ans. Selon les chercheurs, cette différence tient à ce que chaque type d’archive permet de mesurer. Le recul de la banquise dans le nord-est de l’Atlantique Nord a déclenché un changement rapide de l’atmosphère, qui s’est reflété dans les archives du Groenland.

Mais ce changement ne correspondait pas au rétablissement complet de la circulation océanique. Leurs simulations suggèrent que la circulation méridienne de retournement de l’Atlantique (AMOC) s’est encore renforcée par la suite, à mesure que la banquise continuait de reculer dans le nord-ouest de l’Atlantique Nord. L’équipe estime que les archives des grottes rendent mieux compte de ce processus plus long.

Le signal isotopique du Groenland reflète principalement la réponse atmosphérique, plus rapide. Ces résultats aident les scientifiques à mieux comprendre la rapidité des changements climatiques brusques du passé. Toutefois, les événements glaciaires ne fournissent pas de chronologie directe des éventuelles évolutions futures de l’AMOC sous l’effet du réchauffement actuel.