Le rapport de la Commission européenne du 4 novembre 2026 indique que le processus d’adhésion de la Géorgie à l’UE reste de fait à l’arrêt, tandis que le recul démocratique s’est aggravé depuis la rupture amorcée en 2024.
Comment le processus s’est interrompu
La Géorgie a demandé à adhérer à l’UE en 2022 et a obtenu le statut de pays candidat en décembre 2023, à condition de mettre en œuvre neuf mesures portant principalement sur la démocratie, l’État de droit et les droits fondamentaux. En 2024, le gouvernement Georgian Dream a adopté une loi obligeant de nombreuses organisations de la société civile et de nombreux médias financés par l’étranger à s’enregistrer. Le gouvernement a déclaré que cette loi améliorerait la transparence et protégerait le pays des influences extérieures. Le bureau des droits de l’homme de l’OSCE a conclu que la loi assimile à tort ces organisations à des entités au service d’une puissance étrangère au seul motif qu’elles reçoivent des financements étrangers, et a demandé son retrait. En juin, les dirigeants de l’UE ont déclaré que le processus d’adhésion de la Géorgie était de fait à l’arrêt.
En novembre 2024, le gouvernement géorgien a déclaré qu’il n’engagerait pas de négociations d’adhésion avant la fin de 2028. Le Premier ministre Irakli Kobakhidze a affirmé que la Géorgie serait économiquement prête à entamer les négociations d’adhésion d’ici 2030, et a accusé des responsables politiques européens d’utiliser des subventions et d’autres moyens de pression pour « faire chanter » le pays. L’UE avait déjà déclaré plusieurs mois auparavant que le processus était à l’arrêt, en raison des réformes non réalisées. Le dernier rapport de la Commission indique que les institutions démocratiques se sont affaiblies, que l’espace civique s’est rétréci et qu’une procédure judiciaire visant à interdire les partis d’opposition menace le pluralisme démocratique.
Ce que signifie le silence du rapport
La Commission n’a pas cessé de demander à la Géorgie de se réformer : elle affirme que les neuf mesures initiales n’ont toujours pas été mises en œuvre et qu’elles doivent être traitées en priorité. Mais, comme le recul démocratique se poursuit, elle ne formule aucune recommandation sur les chapitres de négociation au-delà des « fondamentaux » — la démocratie, l’État de droit et les droits. La Géorgie reste un pays candidat sur le papier, mais l’UE affirme qu’elle est candidate « de nom seulement ».
Ce qui pourrait relancer le processus
Le parti Georgian Dream affirme vouloir toujours que la Géorgie adhère à l’UE, tout en soutenant que le pays doit avancer à son propre rythme et rejeter ce qu’il décrit comme des pressions politiques extérieures. L’UE affirme que l’adhésion dépend du respect de normes communes, et non du simple fait d’afficher une orientation européenne. Selon la Commission, le processus pourrait reprendre si les autorités géorgiennes changent de cap et réaffirment leur engagement en faveur de la démocratie, de l’État de droit et des droits fondamentaux.
Les organisations de la société civile et les médias sont soumis à des restrictions dans le pays, et la Géorgie a perdu plus de 120 millions d’euros d’aide directe de l’UE destinée à son gouvernement. L’exemption de visa pour se rendre dans l’espace Schengen reste accordée aux titulaires de passeports géorgiens ordinaires, mais la Commission avertit que le régime général d’exemption de visa est menacé. Les restrictions actuelles concernent les passeports diplomatiques, de service et officiels, et non les voyageurs ordinaires.
Les ministres des Affaires étrangères de l’UE devraient discuter de la Géorgie en janvier 2027, notamment d’éventuelles mesures supplémentaires. Aucune nouvelle décision sur des sanctions n’a été annoncée. La Commission affirme que de simples ajustements techniques ne suffiront pas à relancer le processus : le gouvernement doit d’abord revenir sur les politiques qui ont conduit l’UE à l’interrompre.